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  • : SominFéklèr
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  • : « Somin Féklèr » est un club de réflexion politique sur les principaux dossiers et sujets de société qui concernent la commune de Saint-Paul. Sa création est une nécessité quand on sait que les choix tactiques voire purement électoraux des
Dimanche 7 juin 2009 7 07 /06 /2009 06:59



 La fête des Mères est une fête annuelle célébrée par les enfants en l'honneur de leur mère dans de nombreux pays.

 Compte tenu de la longévité de la vie, cette fête est marquée également par les adultes de tous âges pour honorer leur mère.

En France : 1950 : la loi no 50-577 du 24 mai 1950, publiée dans le Journal officiel du 25 mai 1950, fixe la fête des Mères au dernier dimanche de mai.

Ces dispositions ont été intégrées en 1956 au Code de l'action sociale et des familles.

 L'article R. 215-1 prévoit que « Chaque année, la République française rend officiellement hommage aux mères, au cours d’une journée consacrée à la célébration de la « fête des Mères. »

L'article D. 215-2 du même code ajoute que « La fête des Mères est fixée au dernier dimanche de mai.

Si cette date coïncide avec celle de la Pentecôte, la fête des Mères a lieu le premier dimanche de juin

A noter : Dans une majorité de pays la fête des mères est fêtée le deuxième dimanche de mai. Pour l'année 2009 en france la fête des mères se fête donc le 07 juin 2009



Somin Féklèr souhaite tout le bonheur du Monde à toutes les mamans.
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Samedi 30 mai 2009 6 30 /05 /2009 15:06



Lieu:
Villèle
Heure: de 9heures à 15 heures

Quatre ateliers de travaux proposés:

A) L’unité des Réunionnais : la MCUR ? 
B) La communication élus-citoyens :
C) La place et la responsabilité des élus dans la décentralisation 
D) Histoire : Esclavage et perception ; Identité et métissage.

Intervention et mini-débat présenté par Mr FRANCO au sujet de la CMUR
Par SominFéklèr - Publié dans : Actualités Réunion - Communauté : la politique autrement
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Mardi 26 mai 2009 2 26 /05 /2009 17:40
« Somin Féklèr » était présent à l’atelier Histoire et patrimoine, à la salle de conférences du Front de Mer de Saint-Paul : archéologie, archives, musées, monuments historiques, etc.



Roger Ramchetty a posé dès le départ les règles de cette réunion-débat : on ne touche pas au titre de cet atelier, mais il appartient aux intervenants, en toute liberté, de rajouter ce qu’il veut, et de développer son intervention. 7 secrétaires sur 14 étaient présents pour prendre des notes ; un animateur a fait circuler le micro dans la salle

 – une salle moyenne où l’on retrouvait des militants culturels déjà présents au débat du Port. Roger Ramchetty a rappelé que c’était le bon moment pour présenter les doléances. Tout citoyen peut intervenir. Et pour ce qui est « son » atelier, dans une quinzaine de jours les collectifs seront reçus, mais en attendant on peut toujours déposer des écrits.

Dans la 3e phase, ce sera le véritable débat public ; il y en aura 5 à 6 jusqu’au 10 juillet pour arriver ensuite à une synthèse pour chacun des 8 ateliers.

Le 24 juillet, une assemblée plénière, de plusieurs centaines de personnes, planchera sur la récolte de l’ensemble des 8 ateliers.

La synthèse globale des ateliers sera transmise au Président de la République.

Aujourd’hui, nous partons du terrain ; les 7 secrétaires et moi-même sommes là pour vous écouter ; nous ne sommes pas là pour répondre à vos questions ; nous ne sommes pas habilités à le faire. Suivent les interventions dans la salle :

- Une représentante d’un collectif d’associations présente un rapport portant sur des points de vue et des revendications. Elle commence par une question : Quand nous vous envoyons un rapport sur Internet, nous nous demandons si ce rapport arrive bien au destinataire

– sans doute l’intervenante voulait dire qu’il n’y a pas eu de message certifiant la bonne réception. Nous voulons mettre en avant un principe fort : le principe de la réparation, par rapport à l’esclavage, à l’engagisme, à la colonisation, et même à la départementalisation. C’est un noyau de notre revendication globale. Un problème fondamental, c’est notre Histoire qui n’est pas enseignée. Cela dépend des enseignants ; la plupart ne le font pas. Donc une première revendication : le droit à l’Histoire, un droit élémentaire, les enfants sont aussi concernés. Comment accéder à l’Histoire ? Par un rapatriement de toutes les archives qui sont dispersées ; par la préemption des documents historiques

 – il y a des livres d’histoire qui sont vendus au privé, alors qu’ils devraient rester dans le domaine public. Par une diffusion massive de l’Histoire, notamment par le canal associatif, avec des moyens pour créer des documents pédagogiques ; par la volonté d’aller dans les quartiers de façon à ce que les uns et les autres s’approprient leur histoire ; par l’accès au partage de tous les documents importants. Dans les médiathèques, il faut qu’il y ait un rayon uniquement consacré à l’Histoire pour que le public puisse y accéder facilement. En ce qui concerne le partage des savoirs, il faut qu’il y ait une mise à la disposition de tout ce qui est fait par les associations, les enseignants, les chercheurs, pour permettre à chaque Réunionnais d’accéder à cette Histoire.

 Il nous faut aussi développer la recherche, travailler sur les quartiers, sur les vestiges, les monuments en relation avec l’Histoire et qui sont laissés à l’abandon. « Re-identifier » les chemins, les constructions, les sources ; développer la recherche généalogique ; identifier les objets retrouvés ; ces objets de haute valeur patrimoniale doivent être datés par l’État ; et ces objets collectés doivent entrer dans le domaine public. Il nous faut aussi mettre l’accent sur la recherche archéologique, faire en sorte que les datations soient accessibles, organiser l’inventaire du patrimoine, et le classement des sites historiques. Tout cela, est-ce le travail d’une association ou d’une institution ?

 Nous avons demandé une modification du tracé du tram-train à la Grande-Chaloupe, parce que les chantiers menacent le Lazaret. Nous voulons qu’il y ait tout un programme archéologique sur l’ensemble des Lazaret, mais nous ne sommes pas contre le modernisme, contre le tram-train. Nous sommes pour une archéologie préventive. Concernant la toponymie et le parc national : la toponymie est dans l’aménagement, mais aussi dans l’Histoire, dans toute l’Histoire des Hauts. Pour les noms des rues, il faut qu’il ait un équilibre entre les noms d’esclavagistes ou en liaison avec le colonialisme et des noms en rapport avec l’esclavage.

Il y a un malaise, tout un pan de l’Histoire est mis de côté. Proposition : mettre en place un institut de l’Histoire réunionnaise et du patrimoine pour mutualiser les moyens. Ateliers pédagogiques : des associations interviennent dans les écoles, cela fonctionne très bien.

- Parler de l’Histoire de la Réunion, c’est parler de l’Histoire de la traite dans sa globalité.

- Roger Ramchetty apporte une réponse à propos de ce rapport présenté : c’est la Préfecture qui le met en ligne sur Internet. Si cela ne s’est pas encore fait, ce n’est pas une censure. Quant à moi, je peux vous dire que le collectif qui le présente sera auditionné le 5 juin à 9H.

- Sur le site de l’université, il n’y a rien sur l’esclavage. Quels « marronners » peut-on trouver aujourd’hui ? Exemple : à Quartier Français, on rase pour mettre des logements sociaux. Et personne ne dit rien ! Où se trouve l’humain local ? On ne voit pas bien où il peut être ! L’humain attend l’assistance. En ne respectant pas l’esclavage, c’est nous-mêmes que l’on ne respecte pas. Nous faisons nous-mêmes notre mal-être. Notre patrimoine n’est pas dans la rue de Paris.

Qu’est-ce que l’on laisse à nos enfants ? La rue de Paris ? Les gens eux-mêmes ne sont plus endémiques ! Respecte à nous !

- Une réponse au collectif d’associations, une réponse qui intéresse particulièrement Saint-Paul : Nous n’avons pas d’architecte attaché à Saint-Paul. Il faut être habilité par la DRAC pour des fouilles. Ces assises doivent secouer un peu l’État pour qu’il se réveille. Par exemple, pour la fameuse poudrière de la Grande-Fontaine, à Saint-Paul, il faut un transfert du site au département et ensuite à la commune. C’est très complexe. Du côté de l’État il n’y a pas de réponse.



 - Il faut des moyens du Conseil Général pour la restauration des archives, et pour améliorer les conditions de recherche qui ne sont pas satisfaisantes (on fait la queue, car il manque du matériel, d’ordinateurs qui fonctionnent par exemple). Une charte a été signée, une véritable déclaration d’intention par des gens de l’extérieur ; elle n’a rien changé à la situation. Mais des vestiges ont été rasés depuis.

 La Préfecture disait qu’il fallait nommer une mission. Pondre un texte, c’est bien, mais il faut aller plus loin et passer par un véritable pouvoir d’intervention. Le transfert de la DRAC vers la Région n’a pas été fait. Bien des choses auraient été intégrées au SAR et au PLU, par cohérence. À la question du rôle et de la fonction de cette charte : prendre la mesure de la participation démocratique de tous les acteurs. Mais, dit l’intervenant, nous n’avons pas avancé plus.

- On a rien fait de sérieux sur le marronnage, pour la paix sociale. Il nous faut engager une collaboration avec les porteurs d’archives des pays source (Madagascar, Mozambique, Afrique du Sud), sans oublier l’histoire malgache de l’île de Tromelin

 – on s’y intéresse aujourd’hui, mais on n’a pas fait appel aux anthropologues malgaches. Un point à éclairer, les questions des services des religions traditionnelles (services malgaches, par exemple). Ces questions n’ont jamais été débattues sur la place publique. C’est l’Histoire qui a fait qu’elles restent dans le domaine privé. Que faire pour que ces religions fassent partie de notre paysage culturel ? Ces sont des minorités qui sont montrées du doigt. Tout ce que l’on a fait pour le maloya doit être fait pour les religions traditionnelles.

- Je n’appelle pas cela une religion, c’est une tradition. Chacun a une manière de faire pour appeler ses ancêtres. Je n’ai pas envie de dévoiler ma façon en public. C’est une tradition, ce n’est pas une religion. Ceux qui ont envie d’ouvrir, qu’ils le fassent !

- Je veux parler de la falsification de l’Histoire sur l’Afrique, sur l’Océan Indien. Il faut enseigner aux enfants que leurs ancêtres ne sont pas des Gaulois. La question de l’enseignement brise tous les messages à l’école coloniale. Cela fait partie de la déformation de l’Histoire.

 - Le village de l’Eperon s’est développé autour d’une usine ; la cheminée est classée. Mais il y a des maisons qui poussent partout ; et on recouvre les chemins pavés de goudron. Qu’est-ce qu’on fait de ces constructions du passé ? Que reste-t-il de notre quartier à transmettre ? La transmission est importante. Il n’y a plus rien à montrer à nos enfants. Il ne reste qu’un lieu de l’exploitation coloniale. Mais qu’il y ait une sauvegarde de la mémoire ! La culture, c’est le parent pauvre.

On nous dit : fais un projet, on nous attribue une petite subvention, et il faut faire avec ! À chaque association de se débrouiller !

- Mes enfants n’ont jamais étudié l’Histoire de la Réunion. Nous devons montrer notre « pluriculturalité » pour former notre unité, car le communautarisme nous guette. Expliquer aux enfants notre diversité ; dans les programmes les écrits s’y rattachant doivent être obligatoires, mais des collègues ne sont pas encore prêts à le faire.

 - On nous a demandé en 3e de faire le Japon, mais pas la Réunion. C’est au programme pour les examens, et nous sommes tenus par ces programmes. Il ne faut pas laisser tomber notre patrimoine architectural. Parler de la diversité pour aller vers l’unité. L’ensemble de la Réunion doit entrer dans l’unité. Il nous faut un lieu pour recueillir, pour mieux unir les Réunionnais, pour que chacun se sente à l’aise. Cette partie de la population d’en bas, il faut qu’on leur laisse un lieu.

- J’ai une crainte sur la synthèse, parce qu’elle ne sera pas facile à faire. Il faudra veiller à ce qu’elle ne soit pas trop simplifiée. Dans les réponses transversales, cela peut finir par accoucher d’une souris. L’organisation de ces États Généraux doit déboucher sur un projet global pour notre pays. Pour les musées de la Réunion, il faudrait un schéma global qui englobe toutes les structures, sans oublier un observatoire des publics. On y travaille dans le cadre de la MCUR. Schéma global : écrire l’ensemble les musées régionaux, départementaux et communaux en collant les dimensions les unes à côté des autres, pour une meilleure cohérence. Faire une route des musées. L’aspect pédagogique, faire en sorte que l’école ne reste pas dans la classe.

Comment faire pour que ces lieux servent à apprendre l’Histoire ?
 Les deux tiers sont des jeunes, beaucoup viennent mais comment faire pour que tout le monde y accède ? Les publics doivent être mieux cernés, et nous devons veiller à une bonne accessibilité des lieus aux personnes à mobilité réduite

 - L’Enseignement de l’Histoire est une lourde défaite. Les points locaux abordés sont nichés dans un ensemble. Quand ils sont faits, cela prête à confusion.

À titre d’exemple : l’abolition de l’esclavage : les élèves croient qu’il y avait des esclaves en France. Une bonne partie de la crainte des enseignants, c’est la part de mémoire des uns et des autres. Les enseignants ne maîtrisent plus leurs classes, ils reculent, chacun restant porteur de leur mémoire.

 - Des collectivités ordonnatrices sur le patrimoine, il n’y a pas grand-chose.

- À revoir l’application de certaines normes qui par exemple nous mettent en décalage par rapport à la mer, dans le parc marin.

- Il existe plusieurs composantes culturelles, c’est pour cela qu’il est important qu’ici chacun connaisse bien l’autre. Il y a des gens qui restent censurés.

 - Il y a une adaptation au local de l’Enseignement de l’Histoire et de la Géographie, mais ces programmes doivent être réévalués. Dans les examens, il y a toujours un document qui est relatif à l’Histoire locale, mais il n’est choisi que par une minorité d’élèves. Comment faire pour que ça change ?

Il y a des archives accessibles sur l’Afrique du Sud ; sur Madagascar aussi, mais des difficultés surgissent depuis quelque temps. L’UNESCO avait un projet : un musée virtuel sur tout ce qui touche à l’Océan Indien. C’est qu’il n’y a pas de publication reconnue sur l’Océan Indien comme cela l’est pour l’Atlantique (cela existe dira un autre intervenant, mais en anglais).
Par SominFéklèr - Publié dans : Contributions individuelles - Communauté : la politique autrement
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Vendredi 22 mai 2009 5 22 /05 /2009 17:14
Les États Généraux « Chaque territoire doit se réapproprier son destin. Mes chers compatriotes, je vous invite donc à un débat sans tabou. Un débat où chacun pourra apporter sa contribution. » Nicolas Sarkozy, jeudi 19 février 2009 « C’est en ces termes que le Président de la République a clôturé son intervention annonçant le lancement des États Généraux de l’Outre-Mer.




POURQUOI DES ÉTATS GÉNÉRAUX ? Parce que le principe de démocratie implique un dialogue, une écoute, une compréhension mutuelle. Que la crise sans précédent que viennent de traverser la Guadeloupe, la Martinique, la Réunion et la Guyane témoigne de l’importance d’entendre ces frustrations, blessures et souffrances. Qu’elle témoigne tout autant de l’impérieuse nécessité de les surmonter pour imaginer l’avenir de l’outre-mer. Un avenir à construire dans le respect et le dialogue. Autour de l’idée qu’un cycle est arrivé à son terme. Et que les modèles d’organisation, tels qu’ils ont été imaginés à partir de 1946, doivent aujourd’hui être repensés. Ensemble.


 POUR QUI ? Français vivant en outre-mer avant tout, comme français originaires d’outre-mer vivant en Métropole, mais aussi, via la consultation internet, toute personne soucieuse d’apporter une contribution sur les thèmes proposés. Tous seront associés au débat. Un débat qui se veut ouvert, et sans tabou. Organisé autour d’axes majeurs de réflexion sur l’outre-mer.

COMMENT ET AVEC QUI ? Tables rondes, ateliers locaux d’une part, site(s) internet et coopération des médias, d’autre part, la réflexion, comme la consultation se veulent les plus larges possibles. Des premiers axes de travail ont été posés, et regroupés par thème. Ces thématiques ont pour vocation de permettre d’initier les échanges, et non de leur poser des limites.

1.Comment faire baisser les prix ?

2.Comment limiter les importations et augmenter la production locale ?

3.Quels projets structurants pour l'avenir de chaque territoire ?

4.Comment favoriser le dialogue social et l'accès à la formation professionnelle ?

5.Comment mieux organiser la gestion des collectivités et de l'Etat ?

6.Quelle relation faut-il développer avec les voisins de chaque territoire d'Outre-Mer ?

7.Comment améliorer l'insertion des jeunes et garantir l'égalité des chances ?

 8.Quel travail faut-il accomplir pour réconcilier la mémoire, la culture et l'identité ?

 Patrick KARAM sera chargé de la consultation organisée dans l’Hexagone, en lien avec le Préfet coordonnateur Richard SAMUEL.

OU ET QUAND ? C’est localement que sera initiée la consultation, d’avril à juillet, sous forme d’ateliers locaux. Ceux-ci seront alimentés au fur et à mesure par les contributions internet.

Une synthèse nationale sera ensuite organisée à Paris en Septembre En Octobre, un Conseil interministériel, sous la présidence du Président de la République, arrêtera les premières décisions d’un vaste plan de modernisation de l’outre-mer. »

Richard Samuel , préfet
Par SominFéklèr
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Mercredi 20 mai 2009 3 20 /05 /2009 16:09

 

            Un adhérent de « Somin Féklèr » a assisté à une grosse part du débat public sur le thème : « Aménagement : architecture, urbanisme, jardins, toponymie, lundi 18 mai à l’Ecole des Beaux Arts du Port, dans le cadre des États Généraux.




Il livre ses notes prises au fil des interventions. On y trouve pas mal de pistes à éclairer et sur lesquelles le club va, entre autres, se pencher lors du séminaire du 13 juin de façon à dégager des positions, des interpellations, des propositions qui seront communiquées ensuite au public. Donc de points de vue, des analyses plus globales, où des arguments et contre arguments ont été lancés, mais le constat est que le vrai débat reste à faire pour dégager le tronc commun derrière lequel se retrouve une grande majorité, sans pour autant tourner le dos aux positions minoritaires qui doivent être actées et respectées. D’ailleurs, sur ces positions du vivre ensemble le débat n’est jamais vraiment clos.

 

Introduction :

            La réunion est présidée par Carpanin Marimoutou, assistée de quatre secrétaires, devant une salle convenable par la présence et très intéressante par la qualité des interventions.

            L’animateur a rappelé que cette réunion est un espace de débat sans tabou qui touche la gouvernance, l’éducation ; la question identitaire est transversale à tous les ateliers. En une seule question : Que voulez-vous pour la Réunion, et comment la construire ?


           
Il a également rappelé la méthode retenue : écoute des catégorielles, deux réunions ont déjà eu lieu ; ensuite des rencontres avec les associations ; et dans un 3e temps, des débats publics. Dans cet atelier, le débat public est déjà lancé. Un bon choix des responsables !


Il a précisé : aujourd’hui, il est question de l’aménagement, de l’architecture, etc. Un site Internet en création devrait pouvoir faire circuler l’information, de façon à faire en sorte que les contributions des uns et des autres soient accessibles au fur et à mesure que les États Généraux avancent. Des contacts ont été pris avec les radios pour qu’il y ait des émissions quotidiennes sur ces thèmes. Il a également demandé aux intervenants de ne pas oublier de conclure leurs prises de parole par des propositions concrètes.

 

Les interventions, dans l’ordre chronologique de leur présentation :

- L’aménagement d’un territoire doit prendre en compte l’histoire de ce territoire. L’Histoire doit être respectée dans les projets. Dans l’aménagement des places publiques, il faut qu’il y ait une intégration de l’esclavage, du marronnage et de l’engagisme, une prise en compte réelle de cet aspect dans les toponymies (le nom des lieux). Toute une réflexion doit être menée dans cette direction, car cette Histoire est aujourd’hui en sourdine.


- Il y a trois parties dans un territoire : l’organisation ; les idées lancées autour de l’Histoire et du patrimoine ; et l’identité, particulièrement de ceux comme les cirques, les hauts. Et puis on a affaire à des pratiques qui évoluent. Aujourd’hui, il nous faut regarder ce qui est utile, visible. Nous sommes dans une société qui se transforme, qui bouge.


- Le grand bétonnage de la Réunion est un viol de l’identité, les gens laissent faire. Il faudrait que l’on mette des noms créoles sur les panneaux de signalisation. Sur les chemins pavés, on ne doit pas mettre du goudron.


           
Suivent plusieurs interventions où l’aspect politique de l’aménagement est abordé, et qui au fil des échanges se révèlent être central, par l’application du code de l’urbanisme, les problèmes que l’on rencontre face à un maire, les relations entre le public et le privé dans l’aménagement, la récupération des territoires.


- Les outils d’aménagement existent, mais semblent ne pas être pris en compte. Et surtout l’accent est mis sur le manque d’information de la population sur toutes ces problématiques.


- Un mot sur les États Généraux en général : c’est un grand moment où les citoyens s’adressent au pouvoir. Mais en ce qui nous concerne, il faut dire à tous les pouvoirs. Bien sûr, ils doivent demander des moyens plus importants au pouvoir central, à Paris, mais ils doivent aussi adresser leurs doléances aux pouvoirs décentralisés que sont le Conseil Régional, le Conseil Général, les mairies sans compter les communautés d’agglomérations. C’est l’occasion de mieux faire vivre la décentralisation.


Les outils d’aménagement existent avec le PLU, le SCOT et le SAR, mais chacun sait que les élus traînent les pieds le plus souvent de ce côté-là. Aux élus avec ces outils de protéger ces territoires ! Et dans la relation public-privé, la loi d’expropriation pour utilité publique n’a pas été faite uniquement pour des petits propriétaires mais aussi pour les gros patrimoines fonciers. L’aménagement du territoire veut dire en premier lieu maîtrise foncière, et là, il faut abonder l’EPFR parce que cette structure ne dispose pas de beaucoup d’argent, et pourtant les collectivités comme le monde économique ont besoin de terrains pour faire sortir leurs projets. Encore faut-il qu’il y ait une volonté politique pour le faire ! D’où la responsabilité des élus locaux en général.


- Tous les outils d’aménagement existent, personne n’est sensé les ignorer, et pourtant les élus n’agissent pas. Le problème, c’est la non-information dans ce domaine. Aujourd’hui, l’aménagement, c’est le flou pour les citoyens ; et pourtant cela doit être intégré dans la vie des gens.

- Nous devons nous interroger afin de savoir pourquoi les gens ne viennent pas chercher l’information.

- On ne peut pas infantiliser la population. Il n’empêche qu’à Saint-André, pour le débat, nous avons demandé où se trouve la Salle Alphonsine pour nous y rendre et beaucoup de Saint-Andréens dans la rue ne le savaient pas. Où trouver les informations ?


- La population ne connaît pas les enjeux.


- Chacun ne peut pas lire le code d’urbanisme et s’intéresser aux équipements publics. Mais il faut aussi que l’effort vienne du public. Dans les collectivités on communique par opportunisme. Les maires sont obligés de rentrer dans les grilles de financement qu’on leur impose s’ils veulent trouver des financements pour leurs projets. Il faut dire au pouvoir central d’arrêter de produire de telles grilles de financement. Le mieux est de dire : je donne des enveloppes, faites des projets. Il y a une hypocrisie dans cette affaire de ZAC.


- Dans l’aménagement, certains veulent faire du beau, mais du copier-coller en quelque sorte. Seulement, cela n’est concevable que pour quelques cas particuliers. Nous manquons d’architectes audacieux. Pourquoi ne pas être aussi audacieux pour les logements sociaux ? Malheureusement, c’est la modélisation des formes. C’est quoi l’architecture créole ? Ce n’est pas parce que l’on va garder quelque chose pour nous que c’est de l’architecture créole.


- L’aménagement est un projet politique, et il faut plus qu’un mandat pour bien faire. Les gens ne sont pas au courant. L’information passe un peu, mais dans les concertations ne viennent que ceux qui sont contre. L’expérience a montré qu’avec le temps les choses évoluent. Il faut trouver un lien entre la tradition et la réalité. Il faut aussi réfléchir sur la densité et comment habiter traditionnellement dans des logements collectifs. Il faut faire aussi du mobilier urbain et ne pas l’acheter sur catalogue (jardinières, fabrique de luminaires, par exemple). Le développement durable, c’est tout simplement un bon sens pratique. L’eau, c’est le pétrole de demain, et quand on a voulu monter des projets pour la récupération des eaux de pluie, on a eu droit à une fin de non-recevoir.


- Parler d’aménagement et de culture, c’est presque un pléonasme. La toponymie, on en pratique dans le sud de la France en langue doc. Il faut mettre aussi en place des chantiers archéologiques ; il appartient à la DRAC et au Conseil Général de nommer un archéologue. La concertation, elle commence à l’école, on peut aussi penser à un programme adapté dès l’école primaire.


- L’aménagement, c’est une volonté politique qui doit venir des élus communaux, les élus de quartier servant de relais. Attention à l’audace dans l’architecture, cela risque de ne pas être trop vivable. À propos de l’architecture créole contemporaine : l’architecte n’est pas responsable de tous les maux, c’est le maître d’ouvrage qui donne les ordres – les élus ne sont pas toujours très férus en la matière, d’où l’idée d’une formation pour les élus.


- Intervention d’un défenseur du site de la Grande-Chaloupe (menaces du chantier du tram-train sur le site) :


Nous disons « stop aux expulsions ». Ici, on n’est pas dans le pléonasme en parlant aménagement et culture, et c’est souvent le cas à la Réunion.


- La création d’un cadre bâti est un acte collectif ; chaque acteur à son niveau y participe. Si un acteur ne joue pas son rôle, c’est le projet qui en pâtit. Audace ne veut pas dire grand projet. Un architecte est audacieux si tous les acteurs le sont. Souvent on donne à l’architecte quelques mois seulement pour des logements sociaux, avec un budget au ras des pâquerettes. Les acteurs communiquent, le problème c’est que la population ne comprend pas les enjeux ; elle perd le sens de la qualité de l’espace. Toute la question est de concevoir un espace adapté à son mode de vie. Il faut une perception, une éducation, une formation pour prendre conscience de la qualité d’un espace public. L’architecture créole est une expression d’une architecture adaptée à un lieu, une réponse à tout un environnement culturel, économique. Elle se doit aussi d’évoluer pour répondre à la vie d’aujourd’hui.


- La population ne comprend pas les enjeux, dit-on. Mais on n’a pas construit l’Histoire, il y a un problème de déménagement. La population fait face à un faux choix : on va faire votre développement, mais on oublie votre histoire ; trop souvent, le bétonnage est un recouvrement. L’Histoire de la Réunion est constituée d’évacuations successives (la période du café, la période du sucre, la période de l’aménagement, etc.). C’est qu’ils ont besoin d’une tranchée couverte ; nous avons voulu prendre un contact avec la Région pour y mettre un peu d’histoire. Pour cette tranchée couverte de Saint-Denis (sur le Boulevard sud), nous avons travaillé l’histoire du quartier ; on y a trouvé des ossements, et on constate que l’on utilise du béton pour les recouvrir.


- Il ne faut pas dire que la population ne comprend pas. Non, les gens ne sont pas écoutés.


- L’arbre dans la ville : les arbres vivent longtemps et les gens s’y réfèrent ; c’est comme un « pied de zévis » dans un quartier ou un « pied de tamarins ». Dans l’Ouest, il y a des friches qui restent et qui révèlent la présence de plantes endémiques qui repartent. Il faut repérer ces espaces de futures forêts, les conserver, les utiliser comme des poumons verts de l’Ouest. L’arbre est structurant dans la vie, c’est du sens en matière de mémoire. L’urbanisation doit respecter cette conservation des espaces. Il n’y a plus d’urbanité dans les ZAC.


- Pas loger à la Réunion ; habiter à la Réunion.


- La communication est à revoir. Les adjoints des quartiers doivent faire un travail afin de faire rentrer la communication dans les cases. Ce sont toujours les mêmes qui ont envie de communiquer et qui connaissent…les autres aussi ont des droits.


- La démarche archéologique est une mesure compensatoire, après les chantiers. En Martinique, pour les ZAC, il y a une opération qui est menée : une systématisation de l’archéologie préventive.

- Des noms des quartiers disparaissent (par exemple, dans ce que l’on appelle le Moufia). Il faut refaire des enquêtes et donner des noms qui sonnent encore aujourd’hui. Pour sortir d’un appauvrissement culturel.


- La SIDR a besoin des relais aujourd’hui, les élus. Parlons de l’importance des élus. Il y a trop peu d’élus à la Réunion. Seulement 24 communes pour 800 000 habitants, et 1 000 000 dans peu de temps. Saint-Paul est immense, et il n’y a pas assez d’élus. Saint-Denis aussi ! Des quartiers entiers n’ont pas d’élus. On a besoin de « redécouper » les communes et améliorer la proximité de ces élus.


- Une intervenante apporte une information et intitule son intervention : respect de nos dimanches-parties, pour parler des sorties des familles qui vont pique-niquer le dimanche. On a construit des cases sur nos aires de pique-nique, près de l’Etang de Saint-Paul, précise-t-elle. C’est un espace boisé que des gens s’étaient approprié. Un aménageur y a construit des maisons. Dans le même ordre d’idées : respecter les petits chemins qui donnent accès aux plages. Quand dans un quartier, 300 logements ont été construits, les gens qui y habitaient déjà n’ont pas eu accès à ces logements et se sont retrouvés dans l’obligation d’aller chercher ailleurs un logement décent. Cela est vécu comme un viol de leur quartier.


- Le financement des projets dans le domaine culturel par exemple est très compliqué, il faut presque passer par un tunnel et cela contribue à augmenter les coûts. Il faut aussi assouplir le contrat d’appariement avec d’autres régions européennes pour ne pas perdre un paquet d’argent.


- Le parc national campe sur l’Histoire de la Réunion. Dans sa mise en place, l’Histoire du pays doit être respectée.


- La communication n’est pas accessible à tout le monde ; il y a un manque d’éducation des familles sur le fonctionnement des collectivités et les enjeux que l’on met dans les mains des élus. Le poids des outils d’aménagement n’est pas compris. L’aménagement, c’est l’organisation du développement d’un espace, d’un territoire. L’aménagement n’est pas nécessairement associé au bétonnage. Il l’est à la planification.


- À propos de la toponymie : on ne tient pas compte des recherches. Dans le réservoir des noms possibles, on n’y puise pas. Créer une commission toponymique pour proposer des noms de lieux.

- Dans les quartiers, il faut trouver d’autres espaces de parole.


- La pollution visuelle : trop de panneaux annonçant que mon restaurant est là, que ma boutique est là. L’élu devrait avoir un pouvoir de police contre ces panneaux sauvages.


- L’élu local a besoin d’un cadre de responsabilisation.

Par SominFéklèr - Publié dans : Comptes rendus de réunions - Communauté : la politique autrement
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